30.08.2007

Loi sur les OGM : Le Grenelle accouchera-t-il d’une souris… transgénique ?

Agir pour l'Environnement : Communiqué de presse du 29 août 07

A l’approche du Grenelle de l’environnement, le Ministre de l’Ecologie envoie un certain nombre de ballons d’essai sur les OGM. Après un été particulièrement houleux où les anti et prOGM se sont affrontés, Agir pour l’Environnement constate que le laisser-faire qui teint lieu de politique en la matière déclenche une tension difficilement gérable.

Le ministre de l’Ecologie annonce, à grand renfort d’interviews, une loi sur les OGM qui serait mise à l’ordre du jour du Parlement à l’automne. La France, sous le coup d’une menace de sanction européenne pour non transposition de la directive 2001/18 relative à la dissémination d’OGM dans l’environnement n’a, de toute façon, pas le choix !

Dernièrement, Jean-Louis BORLOO a également annoncé la création d’une haute autorité sur les OGM. Ces annonces bien tardives ne peuvent faire oublier que plus de 20.000 hectares ont été ensemencés sans que les ministres de l’agriculture et de l’écologie n’aient rien trouvé à y redire. La profusion des annonces ne doit pas cacher l’attentisme des pouvoirs publics !

Par delà les effets d’annonces qui tendent à se multiplier, Agir pour l’Environnement attend du Grenelle de l’environnement des engagements fermes et précis sur le contenu de cette loi sur les OGM.

Agir pour l’Environnement ne se contentera pas de l’annonce d’une loi pour solde de tout compte. Une loi comme une haute autorité sur les OGM peuvent tout aussi bien être laxiste que protecteur des systèmes agraires existants et de qualité. Le ministre de l’Ecologie ne peut espérer clore le débat sur les OGM avec la seule annonce d’un projet de loi dont le périmètre demeure extrêmement flou. Seule une loi entérinant un moratoire technique permettra de mettre un terme aux conflits opposant faucheurs et contaminateurs tout en évitant les pollutions génétiques des filières biologiques et de qualité.

Agir pour l’Environnement espère que le ministre n’use pas d’un subterfuge dilatoire pour échapper au moratoire sur les OGM que les associations appellent de leur vœu.

29.08.2007

Cultures OGM dans la Vienne : les vraies-fausses informations du ministère

Un décret pris le 19 mars 2007 prévoit de rendre publiques certaines informations sur les cultures d’OGM en France. Dans la pratique, les surfaces d’OGM sont divulguées après agrégation par canton sur le site du ministère.

Le fichier mis en ligne a déjà été actualisé deux fois.

Le 4 juillet, le registre national indiquait 19 815 ha. Une semaine plus tard, il passait à 21 174 ha, avant de monter à 21 686 ha fin juillet.

Or, à l’inverse de la tendance globale, les surfaces d’OGM attribuées à la Vienne ont diminué depuis la première publication, passant de 26 à 13 hectares ! Interrogés par l’association Inf’OGM, les services de l’état expliquent que les parcelles avaient été comptées deux fois « par erreur ».

En ce qui concerne les essais en plein champ présentés abusivement comme des disséminations à caractère scientifique, la qualité de l’information n’est pas meilleure. En effet, cinq essais d’OGM ne figurent pas sur le site national alors qu’ils sont annoncés comme étant implantés par les mairies de Valdivienne et Civaux.

Ces exemples sont une nouvelle preuve que le pseudo-suivi réalisé par le Gouvernement sur les OGM est une véritable farce. Seule l’adoption d’un moratoire sur les disséminations en plein champ peut permettre de sortir de cette situation aussi ridicule que dangereuse pour la pérennité des systèmes agraires traditionnels.

Collectif Vigilance OGM de la Vienne

17.08.2007

Des OGM dans un parc naturel

Des militants anti-OGM d’Ile-de-France, intrigués par une mention au registre national des cultures, ont cherché la première parcelle de maïs transgénique de l’Essonne ... ils l’ont trouvé dans un parc naturel !

Le Parisien du 06/08/07 raconte la mobilisation des militants écologistes le week-end dernier : Samedi, une quinzaine de militants d’Ile-de-France et de Picardie, vêtus de tee-shirts estampillés « Non aux OGM, ni dans les champs ni dans les assiettes », s’étaient donné rendez-vous devant la mairie de Milly-la-Forêt à la recherche de ce mystérieux champ de 0,15 hectare mentionné sur le registre national.

« Nous voulons localiser cette parcelle. Le recensement par canton que propose le registre national n’est pas assez précis. Il est impossible de mettre en place un suivi efficace des cultures d’OGM en plein champ si personne ne sait où elles se situent. De plus, les agriculteurs et les riverains doivent connaître l’existence d’une telle culture à côté de chez eux », explique Thierry Eraud, membre de l’association des Faucheurs volontaires et organisateur du rassemblement. (...) Durant tout l’après-midi, les équipes ont donc sillonné le canton, en voiture ou à vélo, pour effectuer des prélèvements dans les plantations de maïs. (...) Les morceaux de feuilles prélevés sont ensuite broyés et testés à l’aide d’un bâtonnet réactif à la Cry1AB, une enzyme présente dans les plants de maïs génétiquement modifiés. A la fin de la journée, tous les tests se sont révélés négatifs...

Mais, selon le Nouvel Obs du 09/08/07, la parcelle existe bien et ils ont fini par la trouver ... sur le territoire du parc naturel régional (PNR) du Gâtinais !

« Les prélèvements effectués sont positifs. Du maïs BT (produit insecticide) est cultivé sur une parcelle sur la commune de Milly-la-Forêt (Essonne) dans l’enceinte même du parc », a déclaré à l’AFP Thierry Eraud.

Jean-Jacques Boussaingault, président du PNR, conseiller général du canton de Milly-la-Forêt et maire de Boigneville (UMP), a confirmé l’existence de cette parcelle. « C’est gênant, d’autant plus que l’on n’a pas été prévenu par la société Serasem [1], » a déploré l’élu.

[1] Serasem, un groupement d’intérêt économique, est détenu par InVivo, groupe coopératif européen de négoce agricole.

Auteur : Philippe Ladame 

14.08.2007

OGM : Un moratoire pour garantir le droit de produire sans OGM

Communiqué de presse - 10 août 2007
Confédération paysanne


Les semis 2007 de maïs OGM Mon 81O confrontent les paysans et les apiculteurs à une situation de contamination de fait. L'opacité de l'information sur les localisations associée à l'absence de règles de responsabilité et de réparation des préjudices sont des éléments qui alimentent les tensions que vit actuellement le monde
paysan.


La Confédération paysanne dénonce la pression exercée par les semenciers sur les paysans en les incitant à utiliser des solutions de court terme, quelque fois en l'absence même de pyrale, sans autre objectif que leur profit immédiat par la pollution génétique généralisée. Par ailleurs, une minorité d'agriculteurs ayant semé moins de 1 % des surfaces de maïs n'est pas légitime à imposer son choix technologique aux 62 % de paysans et d'apiculteurs et aux 86 % de citoyens qui veulent un moratoire.


L'inquiétude s'amplifie quand on constate sur le terrain la présence de parcelles de multiplication de semences OGM et de parcelles «clandestines » qui montrent bien la volonté de pollution génétique généralisée et l'approximation de l'Etat dans la gestion de ce dossier. En effet, ce sont bien les gouvernements successifs qui portent aujourd'hui la responsabilité des évènements présents alors qu'ils disposent de suffisamment d'éléments pour notifier le moratoire aux autorités européennes à l'instar des pays membres ayant adopté cette mesure de protection des systèmes agricoles, de l'environnement et de la santé (Autriche, Hongrie, Grèce, Irlande,.).


Pour la Confédération paysanne, le droit à produire sans ogm est une liberté fondamentale et un droit pour lequel elle se bat depuis plus de dix ans. C'est sa mission de syndicat agricole que de poursuivre la défense de ce droit. Elle réaffirme que le moratoire immédiat sur les cultures ou les récoltes est la décision politique forte nécessaire à l'apaisement. Ce geste ouvrirait l'espace du débat public dont le Grenelle de l'Environnement peut alors devenir le lieu d'élaboration.


Contact :
Olivier Keller responsable commission OGM 06 26 45 19 48
André Bouchut secrétaire général 06 73 39 58 99
Michel Dupont animateur dossier OGM 06 70 04 91 14