21.06.2007

OGM : L’apiculteur pollué et condamné fait appel,

Soutenu solidairement par les syndicats Confédération Paysanne, l’Abeille Gasconne et l’Abeille Périgordine, ainsi que le Groupement de Défense Sanitaire Apicole 47, Civam Agrobio 47, Bio d’Aquitaine et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique


Jeudi 24 mai, le tribunal de Marmande a condamné les apiculteurs à s’abstenir de placer leurs ruches dans un rayon de 1,5 km autour des parcelles de maïs OGM pendant la période de pollinisation, afin de ne pas récolter de pollen transgénique et d’empêcher  les abeilles de propager la  contamination aux cultures traditionnelles avoisinantes.

Ce jugement, qui reconnaît le rôle propagateur de l’abeille, ignore le rôle prépondérant du vent dans la dissémination des pollens, et impose aux apiculteurs d’enlever leur ruches lorsque des cultures transgéniques sont implantées à proximité. Cette décision, qui prouve que la coexistence est impossible, est intolérable pour les agriculteurs non-OGM, représentés par les syndicats mentionnés ci-dessus.

Rappelons que le Mon 810, seul OGM autorisé à la culture en France n’a pas reçu d’autorisation de présence dans le maïs doux, le miel ou le pollen destinés à la consommation humaine. Le Tribunal allemand d’Augsbourg a reconnu le droit des apiculteurs à ne pas voir leurs ruches contaminées en  condamnant un agriculteur à détruire sa culture OGM implantée à 1 km d’un rucher. Ici on demande aux apiculteurs de partir plus loin ! Où peuvent-ils aller lorsqu’on annonce des milliers d’hectare d’OGM implantés dans la région sans indiquer leur emplacement ?

Les requérants demandent à la Cour de prévenir le péril menaçant leurs droits en ordonnant à Monsieur MENARA, qui a indiqué dans le journal « Sud Ouest » avoir semé ses cultures de maïs MON 810, de détruire sa récolte de maïs OGM MON 810 avant la floraison qui doit intervenir dans la 2e quinzaine du mois de Juillet.

La Cour d’Appel d’Agen examinera cette requête le 29 juin à 10 heures et délibèrera dans les huit jours, c’est à dire avant la floraison des maïs.

15.06.2007

Une nouvelle étude contre les OGM

Une nouvelle étude indépendante sur les impacts sanitaires d'un OGM déjà autorisé par l'Union européenne remet en cause le sérieux de l'évaluation des risques effectuée par les autorités européennes avant l'autorisation de mise sur le marché de ces produits.

Une étude, menée pendant 90 jours par le CRIIGEN  révèle 60 différences significatives entre des rats ayant consommé du maïs transgénique NK603 et des rats nourris sans OGM. Ces différences, qui affectent les reins, le cerveau, le cœur et le foie, ainsi que le poids des animaux, pourraient être des signes avant coureurs de toxicité, mais n'ont même pas fait l'objet d'études complémentaires.

L'association Greenpeace est extrêmement inquiète que des cultures et des aliments génétiquement modifiés reçoivent le feu vert des autorités européennes malgré des anomalies constatées sur des durées très courtes.

Le maïs transgénique NK603, produit par la multinationale Monsanto, est conçu pour résister à l'herbicide de Monsanto, le Round Up. Autorisé à l'importation en Europe pour l'alimentation humaine et animale depuis 2004, il est également cultivé en plein champ, entre autres en France, pour des tests de pré commercialisation.

Le CRIIGEN a analysé les propres données de Monsanto du dossier de demande d'autorisation de ce maïs et conclut que de nouvelles études sont nécessaires. « Les analyses statistiques doivent être répétées par des scientifiques indépendants et les données brutes doivent être accessibles à la communauté scientifique sur un site Internet  », déclare le professeur Gilles-Eric Séralini du CRIIGEN et membre de la Commission du Génie Biomoléculaire. « Il est en effet scandaleux que ce soient les entreprises qui non seulement mènent les études sur leurs  produits mais que ce soient aussi elles qui analysent les résultats ! », s'insurge Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France.

«Cette étude prouve que les procédures d'autorisation des OGM en Europe ne sont pas viables et que les autorités européennes agissent plus comme une chambre d'enregistrement des industries semencières que dans l'intérêt des consommateurs », déplore Arnaud Apoteker.

Cette nouvelle étude s'ajoute à celle concernant le maïs OGM MON863, publiée en mars 2007 dans une revue à " comité de lecture " (2). L'étude révélait que des rats nourris pendant 90 jours au maïs OGM MON863 présentaient eux aussi des signes de toxicité au niveau du foie et des reins.

Greenpeace réclame la suspension immédiate de l'autorisation de mise sur le marché des maïs OGM NK603 et MON863, et l'arrêt de la commercialisation et de la mise en culture de tous les OGM tant que le système d'évaluation n'a pas été radicalement révisé.

Note : le rapport du CRIIGEN (en anglais) est disponible sur demande à Greenpeace France ou auprès du Professeur Séralini, du CRIIGEN. Il sera téléchargeable sur le site de Greenpeace France dès le 15 juin.

1. Comité de Recherche et d'Information Indépendante sur le Génie Génétique.

2. Revue dont les articles sont soumis à relecture et validation par un comité d'experts scientifiques qui en garantit le sérieux scientifique.

Source : Greenpeace

La Commission européenne tente de démonter la règlementation de l'agriculture Bio

Le gouvernement français soutient la Commission européenne qui tente de démonter la règlementation de l'agriculture Bio. Mme Lagarde, ministre de l'agriculture, a voté ce matin en faveur de ce texte scandaleux  malgré les assurances données par le gouvernement aux associations écologistes.

L'agriculture bio est une épine dans le pied des industries chimiques,  biotechnologiques et des semenciers. La Commission propose donc tout simplement d'autoriser la contamination des produits biologiques, par les OGM (à hauteur de 0,9%) et les pesticides. La Commission s'aligne sur les exigences des multinationales et veut rabaisser l'agriculture  bio au niveau de l'agriculture dite « raisonnée » qu'elles soutiennent (1).

Le Parlement européen, seule instance européenne élue directement par les citoyens, a voté contre la Commission mais les Ministres ont préféré suivre l'avis de la Commission.

Christian Berdot, responsable de la campagne OGM des Amis de la Terre s'indigne de la duplicité des autorités françaises : « Le gouvernement français s'était « engagé à ne pas prendre de décisions contraires à nos requêtes d'ici les prochaines discussions et la convocation du Grenelle de l'Environnement ». Pourtant, à la première occasion, il renie ses  engagements ! Face à l'explosion des cancers, allergies et maladies dégénératives, de plus en plus de citoyens exigent des produits sains, sans OGM et sans chimie. Mais au lieu d'imposer aux cancres pollueurs une amélioration des pratiques agricoles, le gouvernement demande au meilleur élève de la classe de laisser cochonner son travail ! Le gouvernement soutient ouvertement les lobbies de la chimie, des biotechnologies, des semenciers et leur pseudo « agriculture durable » pour mieux piétiner au pied la protection de la santé et de   l'environnement ! Ce n'est plus Grenelle qu'on prépare, mais Waterloo ! »

Pendant que Mr Juppé évoquait un hypothétique « moratoire sur les OGM », Mme Lagarde préparait ce coup bas contre l'environnement. Alors même que la FAO reconnaît que l'agriculture biologique (2) peut nourrir le monde et que les Amis de la Terre démontrent que la politique pro-OGM de l'Union européenne n'a aucune justification économique (3).

(1) voir l'article sur FARRE : «Agriculture raisonnée ou ... un drôle de réseau de protecteurs»
 http://www.amisdelaterre.org/FARRE-l-Agriculture-Raisonne...
(2)Rapport de la FAO : « Agriculture biologique et sécurité alimentaire » http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000550/index.html (3)
 Rapport des Amis de la Terre « Mid-term review or mid-life crisis ? » : http://www.foeeurope.org/publications/2007/FoEE_biotech_M...

Amis de la Terre - Anne Bringault

13.06.2007

OGM : Candidats aux législatives au banc d'essai - Vienne

660fd9be194a4fa4fc774c70601f1344.jpgPoitiers, France — Le 06 juin, 12 militants du collectif Vigilance OGM du département de la Vienne et du groupe local de Greenpeace Poitiers se sont rendus, aux Salons de Blossac, devant le meeting de soutien de Rachida Dati aux candidats UMP pour les législatives du département de la Vienne.

Les élections législatives approchent et rares sont les candidats UMP à s'être prononcés clairement sur la question des OGM. Ainsi, le collectif Vigilance OGM 86 et Greenpeace Poitiers ont voulu rappeler aux candidats de se positionner en faveur d'un moratoire sur les OGM.

Auparavant, un courrier avait été adressé à chacun des candidats des principaux partis dans toutes les circonscriptions, leur demandant de s'engager clairement contre les cultures transgéniques. Les résultats de ce questionnaire seront publiés sur le site Vigilance OGM 86 et sur le site de Greenpeace France.

Cette campagne d'interpellation pacifique a pour objectif d'obtenir un moratoire sur les OGM en plein champ et d'informer le public de la position des candidats aux législatives sur les OGM du département de la Vienne.

Depuis 1998, en application du principe de précaution, l'Autriche interdit le MON810. Après elle, ce sont la Grèce, l'Italie, la Suisse, la Hongrie et la Pologne qui ont interdit à leur tour cet OGM. Il y a dix jours enfin, le gouvernement allemand leur emboîtait le pas. 

Dans une interview publiée le 25 mai dans Le Parisien, le ministre de l'Ecologie Alain Juppé déclare : « On vient de découvrir que la sécrétion de la toxine qui est censée tuer l'insecte qui attaque le maïs se passe dans des conditions qui ne sont pas exactement celles qu'on attendait. Donc l'Allemagne vient de suspendre l'autorisation du MON810. Dans ce cas précis il faut s'inspirer du cas allemand. »

Les militants demandent aux candidats à la législative "de se positionner clairement sur ce sujet pour que les citoyens puissent faire leur choix en connaissance de cause."

A l'occasion de ce meeting, le collectif Vigilance OGM et le groupe de Greenpeace Poitiers ont voulu montrer "leur détermination". Selon Greenpeace Poitiers leur "intervention devait être claire". A l'arrivée de Rachida Dati, ministre de la justice, ils sont parvenus à former devant son véhicule un véritable mur, à l'aide de leurs banderoles marquée du slogan OGM j'en veux pas. 

Ont-ils réussi à interpeller l'UMP et ses candidats aux législatives? L'avenir nous le dira...

06.06.2007

Un moratoire pour un printemps sans OGM

Considérant : Qu'il n'y a pas aujourd'hui de cadre légal résultant d'un véritable débat public sur la question des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) et de la responsabilité de ceux qui les disséminent,

     Que la volonté de quelques opérateurs économiques d'imposer en 2007 la culture de plusieurs dizaines de milliers d'hectares de maïs transgénique s'oppose frontalement à la volonté de plus de 80 % des français qui ne veulent d'OGM ni dans les champs ni dans les assiettes,

     Que le seul maïs OGM actuellement cultivable en France, le MON 810, n'a jamais été évalué conformément au cadre européen imposé par la directive 2001/18 qui exige notamment une évaluation des effets cumulés à long terme sur la santé et l'environnement, et de plus que les conséquences de la culture de maïs OGM sur la situation écologique et agricole spécifiques à chaque région française n'ont pas non plus été évaluées,

        Que les préjudices qui en résulteraient pour les systèmes agraires traditionnels remettraient en cause leur pérennité,

        Que de nombreuses publications scientifiques montrent que la généralisation des cultures de maïs transgéniques entraîne obligatoirement la disparition de la liberté d'élever des abeilles sans risque de contamination et de cultiver sans OGM des maïs conventionnels, doux et biologiques, tout particulièrement celle des petits paysans cultivant de petites parcelles,

        Que l'intérêt majeur des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) est le brevet qui permet à quelques entreprises semencières d'interdire aux paysans de sélectionner leurs propres semences à partir de leur récolte et de leur imposer l'achat des pesticides liés à la culture des variétés qu'elles vendent,

        Que l'intérêt économique de l'agriculture française réside avant tout dans sa capacité à répondre à la demande des consommateurs qui veulent des produits sans OGM, et qu'elle se ruinerait en prenant le moindre risque de perdre leur confiance,

Conformément au souhait de la majorité des français,

Conformément au moratoire déjà pris par le gouvernement français pour interdire les cultures de colza transgénique sur le territoire national,

Conformément aux votes de la France et de la majorité qualifiée des Etats européens reconnaissant le bien fondé des moratoires autrichiens et hongrois,

Conformément au principe de précaution inscrit dans la Constitution au travers de la Charte de l'Environnement,

Les délégués participant aux premières rencontres des Etats Généraux du Moratoire1 réunis à Orléans les 26 et 27 février 2007 :

-   exigent que ]e gouvernement adopte immédiatement un moratoire sur les cultures GM comme le lui permet

    la clause de sauvegarde prévue à l'article 23 de la directive 2001/18,

-   demandent aux élus locaux et régionaux d'exiger ce moratoire, vu l'interdiction qui leur est faite de prendre

    les mesures locales nécessaires à l'interdiction de ces cultures,

-   demandent aux parlementaires de faire les démarches nécessaires auprès du gouvernement pour qu’il notifie

    cette décision de moratoire à la Commission européenne,

-   demandent au gouvernement d'exiger l'application du moratoire aux niveaux européen et international.

 
1 Organisés par Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, ATTAC, Biocoop, le Collectif des Faucheurs Volontaires, le Collectif 45 sans OGM, le Comité de Soutien 63, le Comité de Soutien aux faucheurs de Pithiviers, la Confédération Paysanne, la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, GIET, Greenpeace, Nature & Progrès, le Réseau Semences Paysannes, Vigilance OGM 36