17.08.2007

Des OGM dans un parc naturel

Des militants anti-OGM d’Ile-de-France, intrigués par une mention au registre national des cultures, ont cherché la première parcelle de maïs transgénique de l’Essonne ... ils l’ont trouvé dans un parc naturel !

Le Parisien du 06/08/07 raconte la mobilisation des militants écologistes le week-end dernier : Samedi, une quinzaine de militants d’Ile-de-France et de Picardie, vêtus de tee-shirts estampillés « Non aux OGM, ni dans les champs ni dans les assiettes », s’étaient donné rendez-vous devant la mairie de Milly-la-Forêt à la recherche de ce mystérieux champ de 0,15 hectare mentionné sur le registre national.

« Nous voulons localiser cette parcelle. Le recensement par canton que propose le registre national n’est pas assez précis. Il est impossible de mettre en place un suivi efficace des cultures d’OGM en plein champ si personne ne sait où elles se situent. De plus, les agriculteurs et les riverains doivent connaître l’existence d’une telle culture à côté de chez eux », explique Thierry Eraud, membre de l’association des Faucheurs volontaires et organisateur du rassemblement. (...) Durant tout l’après-midi, les équipes ont donc sillonné le canton, en voiture ou à vélo, pour effectuer des prélèvements dans les plantations de maïs. (...) Les morceaux de feuilles prélevés sont ensuite broyés et testés à l’aide d’un bâtonnet réactif à la Cry1AB, une enzyme présente dans les plants de maïs génétiquement modifiés. A la fin de la journée, tous les tests se sont révélés négatifs...

Mais, selon le Nouvel Obs du 09/08/07, la parcelle existe bien et ils ont fini par la trouver ... sur le territoire du parc naturel régional (PNR) du Gâtinais !

« Les prélèvements effectués sont positifs. Du maïs BT (produit insecticide) est cultivé sur une parcelle sur la commune de Milly-la-Forêt (Essonne) dans l’enceinte même du parc », a déclaré à l’AFP Thierry Eraud.

Jean-Jacques Boussaingault, président du PNR, conseiller général du canton de Milly-la-Forêt et maire de Boigneville (UMP), a confirmé l’existence de cette parcelle. « C’est gênant, d’autant plus que l’on n’a pas été prévenu par la société Serasem [1], » a déploré l’élu.

[1] Serasem, un groupement d’intérêt économique, est détenu par InVivo, groupe coopératif européen de négoce agricole.

Auteur : Philippe Ladame 

14.08.2007

OGM : Un moratoire pour garantir le droit de produire sans OGM

Communiqué de presse - 10 août 2007
Confédération paysanne


Les semis 2007 de maïs OGM Mon 81O confrontent les paysans et les apiculteurs à une situation de contamination de fait. L'opacité de l'information sur les localisations associée à l'absence de règles de responsabilité et de réparation des préjudices sont des éléments qui alimentent les tensions que vit actuellement le monde
paysan.


La Confédération paysanne dénonce la pression exercée par les semenciers sur les paysans en les incitant à utiliser des solutions de court terme, quelque fois en l'absence même de pyrale, sans autre objectif que leur profit immédiat par la pollution génétique généralisée. Par ailleurs, une minorité d'agriculteurs ayant semé moins de 1 % des surfaces de maïs n'est pas légitime à imposer son choix technologique aux 62 % de paysans et d'apiculteurs et aux 86 % de citoyens qui veulent un moratoire.


L'inquiétude s'amplifie quand on constate sur le terrain la présence de parcelles de multiplication de semences OGM et de parcelles «clandestines » qui montrent bien la volonté de pollution génétique généralisée et l'approximation de l'Etat dans la gestion de ce dossier. En effet, ce sont bien les gouvernements successifs qui portent aujourd'hui la responsabilité des évènements présents alors qu'ils disposent de suffisamment d'éléments pour notifier le moratoire aux autorités européennes à l'instar des pays membres ayant adopté cette mesure de protection des systèmes agricoles, de l'environnement et de la santé (Autriche, Hongrie, Grèce, Irlande,.).


Pour la Confédération paysanne, le droit à produire sans ogm est une liberté fondamentale et un droit pour lequel elle se bat depuis plus de dix ans. C'est sa mission de syndicat agricole que de poursuivre la défense de ce droit. Elle réaffirme que le moratoire immédiat sur les cultures ou les récoltes est la décision politique forte nécessaire à l'apaisement. Ce geste ouvrirait l'espace du débat public dont le Grenelle de l'Environnement peut alors devenir le lieu d'élaboration.


Contact :
Olivier Keller responsable commission OGM 06 26 45 19 48
André Bouchut secrétaire général 06 73 39 58 99
Michel Dupont animateur dossier OGM 06 70 04 91 14